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[ Que faire ? ]
Bonjour ! Merci de votre réponse. Je vous ai envoyé un courrier il ya quelques jours de cela vous disant que j'ai été abusée par mon ex. Il s'agit d'un abus d'ordre sexuel. j'ai lu attentivement votre réponse. Bien sur que j'ai peur du regard de autres. Et je ne trouve pas cette réaction normale. Je ne suis plus normale depuis que ça s'est passé. Mes parents ont remarqué que j'avais changé. je suis devenue agressive. Je ne mange plus, travaille plus. Et le fait que je tombe malade physiquement, très souvent me fait dire que psychologiquement ça ne vas plus. j'ai peur de dérailler totalement étant donné l'état pitoyable dans lequel je me retrouve le soir. Le fait que ce soit mon ex joue effectivement beaucoup. Il est majeur, et j'étais mineure au moment des faits. Il a 22 ans. Il est éducateur spécialisé. Il est plus fort que moi. Il niera tout en bloc devant mes parents. Il m'a dit qu'il raconterait sa version qu'il sen fou. Qu'il avait trop bu. Ma maman est gendarme. Si j parlais de justice c'est parce que si elle l'apprend elle va vouloir déposer plainte. j'ai tellement peur. j'ai l'impression d'être dans un cauchemar qui n'en finit pas. je n'ai pas vraiment de question en fait, plutôt un grand désarroi et un sentiment affreux d'injustice. Peur, tristesse, idées morbides. Merci infiniment de votre écoute. A bientôt..
Bonjour TitPuce,
Merci d'abord de nous faire confiance.
J'ai lu attentivement ton premier message et la réponse que nous t'avons donnée. Tu sais, dans ton deuxième message, la première chose qu'on remarque est ton grand sang-froid devant cette situation pénible et complexe. Tu nommes bien toutes ces émotions affreuses et confuses autour de l'abus sexuel. Écrire permet habituellement de prendre du recul devant une situation. Est-ce que mettre sur papier (sur écran !) ce qui t'arrive te fait du bien ? Les personnes qui tiennent un journal intime disent souvent cela. Chose certaine, plus on écrit ou parle d'un problème, plus il y a de chances de voir apparaître des pistes de solution. Qu'en penses-tu ?
Tu sais, quand on a été victime d'un abus sexuel, il peut être utile de séparer la démarche d'aide psychologique de la démarche de dénonciation (auprès de son entourage ou à la police). Autrement dit, l'aide que tu vas chercher pour toi n'a pas besoin d'être accompagnée d'une dénonciation. Tu comprends ? Tu dis craindre la plainte judiciaire que ferait immédiatement ta mère si elle apprenait ce qui t'es arrivé. As-tu l'impression qu'elle ne pourrait pas comprendre ton hésitation devant la judiciarisation de l'abus ? Qu'elle n'accepterait pas ton désir ne pas judiciariser l'affaire, ou du moins en ce moment ? Crois-tu plutôt qu'elle va douter de ta version des faits ? Toujours est-il que tu as le droit de prendre ton temps dans ta démarche. Ce qui est le plus important dans tout ça est ton confort intérieur.
Tu sais, si tu n'es pas responsable de l'abus sexuel dont tu as été victime, tu es tout de même responsable de ta santé. Si on n'a pas habituellement de contrôle sur ce que pensent les autres et leur façon de réagir, on a certainement du pouvoir sur nos propres pensées et actions. Ne pas rester seule avec ça et nous écrire est déjà une bonne première étape pour faire face à cet événement de vie difficile. Tu peux évidemment nous réécrire, mais tu peux également nous contacter pour en discuter plus longuement et de vive voix. Je te rappelle le numéro : 1 800 263-2266. On est disponible 24h sur 24. La démarche que tu préfères et choisis est bien sûr celle avec laquelle tu te sens le mieux. Bon courage à toi TitPuce.
Tel-jeunes

