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[ Souffrir ]

Hanna - fille - 20 ans (4 août 2016)

Je suis dans une passe difficile.Je suis diagnostiquée avec trouble de la personnalité limite, dépression et trouble anxieux depuis maintenant plusieurs années.Le plus difficile en ce moment est que j'ai de la misère à me dire que j'ai le droit de souffrir....et ma psy est en vacances donc je suis prise avec moi-même et mon cerveau qui roule trop rapidement.J'ai toujours eu de la misère à croire que j'avais de bonnes raisons de souffrir parce que mes parents me répètent toujours que je devrais être heureuse parce que j'ai tout ce que je veux(d'après eux)et qu'il y a d'autres personnes qui l'ont pire que moi.Ils ne se rendent pas compte qu'ils n'ont jamais été là pour moi,qu'ils ne m'ont jamais écoutés quand j'en avais de besoin et qu'ils sont emotionellement abusifs et négligeants.Je suis rendue à un point ou je crois fortement ce qu'ils me répètent à maintes reprises. Je commence à me dire que c'est moi le problème,que je prends tout personel et que si je me calmais ,que je ne me sentirais pas comme je me sens.C'est plus fort que moi. Mais je me retrouve à être frustrée envers le monde.Parce que personne ne m'a jamais pris au serieux dans ma souffrance et personne n'a pris le temps de me dire que j'avais le droit de souffrir(à part ma psy qui est en vacances...).Je ne sais plus quoi faire avec ces pensées. Je ne sais plus quoi faire pour me dire que j'ai le droit de souffrir malgré ce que mes parents répètent.Je perds la tete et ma psy est en vacances.

Réponse de TelJeunes

Bonjour Hanna,

Tu fais bien de ne pas rester seule dans tout ce souffrant questionnement. Lorsqu’on a un suivi psychologique et qu’il est interrompu pendant quelques temps, il peut être normal qu’on perde nos repères, à certains moments plus qu’à d’autres. Mais je vois que, en nous écrivant, tu as su chercher une autre aide durant cette période, et je te félicite pour ça!

En te lisant, on dirait bien que tu es consciente de l’effet plutôt négatif du discours de tes parents sur toi. Ça peut arriver, lorsqu’on entend un discours toute notre enfance, qu’on finisse par le croire. C’est un peu comme si c’était imprimé dans notre cerveau. Mais en ce moment, avec ta psy, il semble que tu sois en train d’imprimer un nouveau discours à l’intérieur de toi, une vision qui te donne le droit de vivre des émotions souffrantes, qui ne te blâme pas pour ça. Et quand on apprend une nouvelle façon de prendre soin de soi, il peut être normal que le vieux discours plus pessimiste veuille refaire surface. Et souvent, une bataille fait rage dans notre tête, entre le vieux discours (par exemple : «Je me plains pour rien, ma souffrance n’est pas vraiment réelle») et le nouveau discours plus sain (comme : «J’ai le droit de souffrir, j’ai besoin de prendre soin de mes émotions»). Est-ce que c’est un peu ce genre de bataille qui se passe à l’intérieur de toi? Avec ta psy, comment tu faisais pour faire plus de place à ces pensées positives? Quels sont tes trucs habituels pour prendre soin de toi?

Parfois, pour se rappeler qu’on a le droit d’accueillir nos émotions, on peut écrire une phrase d’encouragement sur un papier, le garder près de nous en tout temps (dans notre chambre, dans notre portefeuille, dans notre sac, etc.). Ça peut être des mots que ta psy te disait, par exemple. Certaines personnes aiment bien relire ce petit papier lors de moments difficiles. On peut aussi aller chercher du support auprès de gens de notre entourage à qui on a davantage confiance. Avec qui te sens-tu à l’aise, autour de toi?

Je t’invite aussi à nous appeler (1-800-263-2266), si tu as besoin d’extérioriser ce que tu vis. On sera là pour t’écouter et t’accompagner.

N’oublie pas, tu as le droit de prendre soin de toi! D’accord? :)

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