Informe-toi : Drogues et dépendances

Alcool
 
Faire des choix

DES RAPPELS

Tu ne peux acheter de l’alcool si tu as moins de 18 ans. L’alcool n’est généralement pas admis dans les endroits que les jeunes fréquentent. La conduite en état d’ébriété est sévèrement sanctionnée.


LES RAISONS POUR CONSOMMER DE L’ALCOOL

Les gens qui consomment de l’alcool le font pour différentes
raisons :

Pour le goût. Certains consomment pour le plaisir de leurs papilles, parce qu’ils aiment le goût.

Pour faire la fête. En quantité modérée, l’alcool peut entraîner une certaine détente et permettre de socialiser.

Par effet d’entraînement. Parfois, lorsque tout le groupe a un verre à la main, les gens ont tendance à en prendre un eux aussi pour faire comme les autres.

Par fuite. Certaines personnes se servent de l’alcool pour fuir une réalité qu’elles préfèrent ne pas voir. Ce sont les personnes le plus à risque de développer une dépendance.


LES CHOIX POSSIBLES

Les gens peuvent faire des choix et consommer de l’alcool avec modération, beaucoup ou pas du tout!

Pas une goutte. Prendre de l’alcool n’est pas une obligation. Tu peux choisir de ne pas en prendre du tout. Toutes les raisons sont bonnes : parce que tu es conscient des risques, parce que tu n’en as pas envie, parce que tu n’aimes pas le goût, parce que tu as déjà vécu une mauvaise expérience reliée à l’alcool, parce que tu n’aimes pas ce que tu deviens quand tu consommes, pour des raisons religieuses ou légales ou par principe.

Si tu as des amis qui ne boivent pas, cela peut être plus facile pour toi de respecter tes valeurs et tes choix. De plus, bien des activités n’impliquent pas l’alcool. Plus tu t’engages dans des projets, plus tu pratiques des sports ou des activités, moins tu risques de te retrouver dans des situations où l’alcool est présent.

Il se peut que tu aies de la difficulté à ne pas consommer lorsque des gens autour de toi consomment. Si c’est le cas, reviens au pourquoi tu choisis de ne pas boire. Es-tu obligé de te justifier? Es-tu capable de t’affirmer?

La modération. Consommer avec modération, c’est consommer de façon responsable et occasionnelle. C’est prendre les mesures pour ne pas mettre en danger ta sécurité et celle des autres. C’est être conscient que bien des facteurs peuvent influencer la façon dont l’alcool est absorbé par le corps dépendamment des situations.

L’abus d’alcool.
Certaines personnes abusent de l’alcool occasionnellement parce qu’elles recherchent l’effet qui y est associé. D’autres développent un réel problème relié à l’alcool à cause de la fréquence à laquelle elles en prennent.
 
Effets de l'alcool

COMMENT PRÉVOIR?

Tu ne peux vraiment savoir à l’avance quels effets peuvent avoir un, deux ou trois verres sur toi. Cela dépend de plusieurs choses.

Qui es-tu? Les effets de l’alcool varient selon la taille, le poids, l’état de santé, l’état psychologique et les expériences de consommation.

Qu’as-tu bu? Les effets sont différents selon la quantité, le pourcentage d’alcool du produit, les mélanges faits avec différents types d’alcool ou avec d’autres substances (médicaments, drogues), la rapidité de la consommation et les aliments ingérés.

Dans quel contexte bois-tu?
Les raisons pour lesquelles on boit, l’ambiance, le moment de la journée et le lieu sont autant d’éléments qui peuvent faire varier les effets que l’alcool peut avoir.


PRENDRE UNE « BROSSE »

Il y a des effets désagréables associés à la surconsommation d’alcool.

« Ça tourne! » Tu peux avoir des étourdissements, de la difficulté à tenir debout et ta vision peut s’embrouiller.

Mal de mer. Tu peux avoir mal au cœur et vomir.

Méli-mélo. Tu peux te sentir confus, perdre le fil des conversations ou de ce que tu fais.

Problème de communication
. Tu peux avoir de la difficulté à articuler ou dire des paroles que tu n’aurais pas dites habituellement.

Des gestes regrettables. Il se peut que tu te comportes de façon ridicule ou que tu fasses des gestes inappropriés.

D’autres gestes regrettables. Comme tu n’es pas dans ton état normal, il se peut que tu oublies d’utiliser un condom et que tu aies des rapports sexuels que le lendemain tu oublieras ou regretteras.

Problème mécanique. L’alcool peut aussi changer la façon dont ton corps réagit dans le contexte d’un rapport sexuel.

L’alcool au volant. La consommation d’alcool diminue les réflexes et augmente le risque d’accident de la route. C’est dangereux pour toi et pour les autres (visite le site tolérance zéro!).

Le lendemain de la veille. Ton réveil peut être particulièrement pénible. Tu peux avoir la « gueule de bois », avoir l’impression qu’un marteau te frappe sur la tête, être déshydraté, avoir des trous de mémoire (ne plus te souvenir de ta soirée) et te réveiller là où tu ne t’y attendais pas.

Pas de lendemains du tout… Une surconsommation peut avoir une fin tragique. Plus souvent que tu ne le crois, des jeunes s’évanouissent, se retrouvent dans le coma et parfois en meurent.


QUAND LES OCCASIONS NE SONT PLUS OCCASIONNELLES

Si tu consommes de l’alcool de plus en plus souvent, il y a d’autres risques associés.

Devenir « accro ». L’alcool est une drogue et on peut développer une dépendance. Avec le temps, tu peux t’apercevoir qu’il t’en faut plus pour ressentir les mêmes effets ou te rendre compte que tu cherches de plus en plus les occasions de boire et la compagnie des gens qui consomment. La vie commence alors à tourner autour de l’alcool.

Te sentir plus déprimé. L’alcool est classé dans la catégorie des dépresseurs, tout comme d’autres drogues également. Les dépresseurs ralentissent les fonctions de ton corps. Avec le temps, l’alcool peut t’amortir et avoir un effet sur ton humeur. Il se peut que tu te sentes plus déprimé.

Sommeil chamboulé. La consommation d’alcool peut nuire à ton sommeil. Tu peux avoir de la difficulté à t’endormir, te réveiller fréquemment, avoir un cycle de sommeil irrégulier.

Des risques pour ta santé. Une grande consommation peut affecter ton corps dont ton foie, ton cœur, tes organes sexuels, ton système nerveux et ton estomac.

Un état de manque. Une consommation régulière et abusive peut entraîner des symptômes de sevrage lorsque la personne cesse de consommer. La privation peut causer de l’anxiété, de l’agitation, de l’irritabilité, des tremblements et des nausées.


« IGLOO! IGLOO! IGLOO! »

C’est quoi le « calage »? C’est boire très rapidement de l’alcool en grande quantité.

Un jeu dangereux. Parfois, les gens se lancent des défis, font des concours de calage ou des « jeux » qui impliquent de l’alcool. De telles activités peuvent devenir dangereuses rapidement parce que boire une grande quantité d’alcool en peu de temps peut causer une intoxication très grave qui peut mener à une perte de conscience, au coma ou à la mort.

Quand ça nécessite les secours. Si tu t’inquiètes pour un ami, n’hésite pas à faire appel aux secours (Centre antipoison du Québec, 911 ou Info-santé) ou à informer un adulte rapidement. Il se peut que tu sois tenté d’attendre au cas où ton ami irait mieux ou encore par peur que vos parents découvrent que vous avez consommé de l’alcool. Par contre, si ton ami court un danger, il a besoin d’aide sans tarder.
 
Dépendance

« VAIS-JE DEVENIR ACCRO? »


Tu as moins de chances de développer un problème d’alcool si :
  • tu as une bonne estime de toi;
  • tu connais tes forces et aussi tes faiblesses;
  • tu crois en ton avenir et tu te fixes des buts;
  • tu as des amis à qui tu peux faire confiance et avec qui tu te sens bien;
  • tu as une bonne relation avec tes parents;
  • tu t’impliques dans des projets, tu développes des passions, tu pratiques des sports ou des activités de loisir de façon régulière.
Toutefois, il te faudra être un peu plus prudent si :
  • les personnes autour de toi consomment souvent de l’alcool (amis, membres de la famille);
  • tu te sens seul, tu as l’impression de n’avoir personne pour te soutenir quand tu vis des difficultés;
  • tu vis des difficultés à l’école;
  • tu vis des difficultés à la maison;
  • tu vis de la violence;
  • tu vis beaucoup de stress;
  • tu as de la difficulté à avoir des buts et à développer des champs d’intérêt.

D’AUTRES SIGNES À SURVEILLER

Certains signes peuvent t’indiquer que tu es à risque de développer
un problème si :
  • l’alcool fait partie de la plupart de tes activités et tu recherches surtout les activités où l’alcool est présent;
  • tu choisis tes amis selon qu’ils consomment ou non;
  • tes préférences changent, tu délaisses les sports et les activités de loisir que tu aimais avant;
  • il t’arrive de boire seul;
  • tout semble être une bonne occasion pour faire la fête;
  • tes parents, tes amis ou tes professeurs s’inquiètent pour toi.

DES PISTES SI TU AS BESOIN D’AIDE

Fais le portrait de ta consommation :
  • À quelle fréquence bois-tu?
  • Dans quelles occasions?
  • Avec qui consommes-tu?
  • Combien de verres prends-tu?
  • Combien d’argent dépenses-tu pour l’alcool?
Identifie les raisons de ta consommation :
  • Qu’est-ce qui t’amène à boire de l’alcool?
  • Qu’est-ce que cela t’apporte? Que recherches-tu?
  • Est-ce difficile pour toi de gérer tes émotions?
  • Est-ce difficile d’avoir du plaisir?
Fixe-toi des objectifs :
  • Souhaites-tu arrêter de consommer complètement ou graduellement?
  • Quels sont tes objectifs? Sont-ils réalistes?
  • Qu’est-ce qui pourrait t’aider à atteindre tes objectifs?
  • Que gagnerais-tu à arrêter? Quels sont les avantages pour toi?
Donne-toi des moyens pour y arriver :
  • Dois-tu limiter la présence de certaines personnes autour de toi pour un certain temps?
  • Y a-t-il d’autres activités qui te permettraient de rester occupé?
  • Comment gérais-tu tes émotions avant que tu commences à consommer plus régulièrement de l’alcool?
  • As-tu pensé à la façon dont tu pourrais expliquer à ton entourage ta démarche et tes choix?
  • As-tu pensé aller te chercher du soutien pour te sentir moins seul et te donner la chance d’être encouragé, accompagné et outillé?
Consulte. Il existe des personnes-ressources qui peuvent t’aider. Tu peux connaître les services de ta région en t’informant auprès de Drogue aide et références (1 800 265-2626, 24h/7j) ou tu peux appeler ou écrire à Tel-jeunes en tout temps.
 
Ton parent boit
Un parent n’est pas seulement un parent! C’est aussi une personne humaine. Il peut vivre des difficultés particulières et des émotions qu’il n’arrive pas à bien gérer. Certaines personnes se réfugient dans l’alcool, pensant régler ainsi les problèmes.


CE N’EST PAS DRÔLE!

Si ton parent a un problème d’alcool, il se peut que tu vives toutes sortes d’émotions. Tu peux :
  • être déçu;
  • être en colère;
  • te sentir impuissant (peu importe ce que tu dis, il continue de boire);
  • avoir honte;
  • être triste;
  • te sentir seul;
  • être inquiet (tu te demandes s’il va cesser de boire);
  • avoir peur (si son comportement change sous l’effet de l’alcool);
  • te sentir le parent de ton propre parent.
Pas de problème! Il est possible que ton parent refuse d’admettre qu’il a un problème pour diverses raisons. Il peut avoir peur de te décevoir ou avoir peur de ce que les gens risquent de penser de lui. Il peut se sentir incapable de faire face à ses difficultés sans alcool.

Effets secondaires. L’alcool influe sur les pensées et le raisonnement logique. Si ton parent est sous l’effet de l’alcool, il peut se comporter de façon inhabituelle. Ainsi, il se peut :
  • qu’il dise toutes sortes de bizarreries ou des paroles blessantes;
  • qu’il fasse des folies;
  • qu’il prenne moins soin de toi ou de certaines choses importantes;
  • qu’il se mette en colère rapidement et qu’il soit plus impulsif;
  • qu’il ne se soucie plus de rien;
  • qu’il fasse des promesses qu’il ne tient pas;
  • que tu ne le reconnaisses plus.

« VAIS-JE AVOIR LE MÊME PROBLÈME? »

Ça dépend de toi! Tu as des goûts, des intérêts, des expériences et des buts qui peuvent être complètement différents de ceux de tes parents. Cependant, si tu as l’impression d’être à risque, n’hésite pas à en parler à une personne-ressource.


« QUE PUIS-JE FAIRE POUR L’AIDER? »

« Il a un problème! » Pour pouvoir cesser de consommer, une personne doit d’abord reconnaître qu’elle vit des difficultés. Cela peut prendre du temps! Il se peut même que tous les proches sachent qu’elle a un problème avant qu’elle ne s’en rende compte ou qu’elle soit prête à le reconnaître.

« J’ai un problème » Tu te sens peut-être capable de parler à ton parent de ce que tu vis. Tu peux nommer tes inquiétudes, ton sentiment de solitude si tu ne te sens pas écouté et ta déception si des promesses ne sont pas tenues. N’oublie pas que lorsqu’une personne consomme de l’alcool, sa perception et son comportement sont différents. Choisis ton moment; idéalement lorsque ton parent n’a pas bu.

« Il refuse de s’aider! » C’est possible. Reconnaître le problème, c’est une chose, le régler en est une autre. Il arrive qu’une personne ne soit pas prête à cesser de consommer parce que son corps et sa tête en redemandent toujours, parce que c’est plus fort qu’elle ou parce qu’elle ne connaît pas d’autres moyens pour faire face à ses problèmes.

« Il ne m’aime pas assez » Ce n’est pas une question d’amour. La motivation doit venir de la personne qui a le problème de dépendance. Tu ne peux pas la convaincre d’arrêter, ni vouloir plus qu’elle. Tu n’es pas responsable de sa consommation, ni de sa motivation. Étant donné que tu n’es pas le problème, tu n’es pas non plus la solution. Mais il est tout à fait normal que cette situation te fasse vivre beaucoup d’impuissance.

«On dirait que c’est moi le parent! » Si ton parent a un problème de dépendance, il se peut qu’il ait de la difficulté à bien gérer son temps, son argent, ses émotions et peut-être même les tâches ménagères. Dans une maison, chacun collabore. Cependant, ce n’est pas à toi de tout faire! Ton rôle n’est pas de prendre soin de ton parent, ni de le consoler, ni de tout prendre en charge. Ce n’est pas toi le parent!

« Que faire alors? » Ne reste pas seul avec tout ce que cette situation te fait vivre. Peux-tu en informer d’autres adultes? Qui sont les adultes en qui tu as confiance? Un autre membre de ta famille, un intervenant de l’école, un professeur ou encore Tel-jeunes?


TA SÉCURITÉ

Si ton parent consomme de l’alcool régulièrement ou en grande quantité, il se peut que tu ne te sentes pas toujours en sécurité parce que :
  • tu te retrouves souvent seul à la maison ou pendant la nuit;
  • tu vis de la violence psychologique ou physique;
  • tu vis de la négligence;
  • il t’emmène dans toutes sortes d’endroits inappropriés pour ton âge.
Si tu as peur ou que tu ne te sens pas en sécurité, il est très important que tu en parles. Ta sécurité est importante. Tu peux en parler à un adulte en qui tu as confiance, une personne-ressource ou Tel-jeunes. Si tu te sens prêt, tu peux également faire appel au directeur de la Protection de la Jeunesse (DPJ).
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